Humour | Freddy Tougaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En s’imposant comme la révélation de l’émission « La France a un Incroyable Talent », Freddy Tougaux a érigé la normale attitude au sommet. ‘Ça va d’aller’, son tube aux millions de vues sur YouTube, c’est le cri du cœur d’un monsieur tout le monde aux envies révolutionnaires.

Super héros de la classe moyenne, Freddy n’a jamais renié ses origines modestes. Fils d’une mère flamande et d’un père wallon, il grandit entouré d’un frère ainé et de deux jumelles cadettes dans un petit village typiquement wallon. Il y passera une enfance sans accroc ni surprise, avant d’enchainer dès l’adolescence des petits boulots sans grande conviction. Mais très vite pour Freddy, la routine s’installe. Ce train-train quotidien, qu’il considère comme le mal du siècle, le pousse à écrire ce qui deviendra Ca va d’aller. Une réflexion positiviste sur une société qui peine à profiter des tous les petits bonheurs du quotidien. La suite, vous la connaissez. Ovationné par une population qui jusqu’ici broyait du noir, Freddy s’installe comme un cyber punk samouraï 2.0 sur le net et dans les médias.

Dans son nouveau spectacle Freddy nous propose un reflet de lui et de nous-mêmes avec ce grand miroir qui trône sur la scène ! Petit à petit, Freddy nous embarque dans une réflexion sur nous-mêmes, sur les autres, et sur ce fameux réseautre dans lequel nous sommes coincés. Les autres sont partout alors il est nécessaire d’être « bien avec l’autre » pour être « bien avec soi-même ». Puis comme Freddy nous l’explique, l’autre, on ne sait jamais qui il est, alors il faut bien se comporter.

L’autre ne sait pas qu’il est autre.

Le personnage nous expose avec humour nos traits humains et à quel point ils sont absurdes : l’envie d’avoir ce qu’un autre possède, d’être comme l’autre, ou encore de prendre la place de l’autre. Freddy joue pour et avec le public, constamment sollicité. La salle se lève, écoute les consignes, répond aux questions. Évidemment, Freddy maîtrise l’improvisation ! Les réactions du public étant spontanées et très aléatoires, il est important de pouvoir rebondir sur celles-ci, ce que le comédien fait avec brio.

On est toujours l’autre de l’autre et l’un de nous.

2 pour le prix d’un manie l’humour avec beaucoup de dynamisme tant dans la gestuelle que dans le texte. Évidemment, les accents belges sont toujours un déclencheur de rire, on ne peut que répéter en souriant les « quand mêyme » ou autre « m’enfin mais qu’est-c’que c’est qu’ça ici ?! ». Le comique de répétition est également toujours très efficace lorsqu’il est, comme ici, utilisé dans sa limite. L’interaction avec le public est judicieusement dosée bien que parfois un peu tirée en longueur (mais est-ce la faute de l’un ou de l’autre ?). Enfin, on est emporté par des tournures de phrases de prime abord sans queue ni tête mais qui résonnent finalement avec énormément de sens. Les plus perspicaces d’entre nous se rendront vite compte qu’il ne s’agit pas simplement d’un one-man show comique mais aussi d’une invitation à regarder dans quelle mesure on s’intègre dans cette dynamique de l’un et de l’autre.

 

Avec Freddy Tougaux, texte: David Greuse | Mise en scène de Giovanni Orlandi

Un extrait: cliquez ici