Un Centre culturel ? KESAKO?

Qu’est-ce qu’un Centre Culturel?

Centres culturels, appellation d’origine non contrôlée!

L’appellation « centre culturel » n’est pas une marque déposée. Toute organisation peut s’appeler « centre culturel de… ». Il existe dès lors, une multitude de centres culturels qui ne sont pas inscrit dans le même cadre que ceux soutenus par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Parmi ceux-ci: des salles de spectacle, des organisations de promotion culturelle d’autres pays, des associations paracommunales, etc. Ne confondons pas les différents types d’organisations, car leurs missions peuvent diverger!

Les centres culturels, leur action et leur fonctionnement

Les centres culturels soutenus par la Fédération Wallonie-Bruxelles sont aujourd’hui régis par le décret relatif aux centres culturels du 21 novembre 2013. Asbl autonomes, cogérées de façon pluraliste, leur modèle d’organisation démocratique est unique, mais complexe. Territoires, populations, expression, réflexion, analyse, évaluation, mais aussi gestion, financement, collaboration…: tout s’imbrique pour faire émerger des projets d’action culturelle au service des droits culturels de tous.

Les droits culturels, un nouveau référentiel pour les centres culturels

Les droits culturels au cœur des droits de l’homme!

Chacun connaît la Déclaration universelle des droits de l’homme qui énonce que chaque être humain possède une série de droits inaliénables et universels: le droit à la vie, le droit à la santé, le droit de vote, le droit de réunion, le droit de se déplacer, le droit de travail… Exercer ces droits fondamentaux est indispensable pour pouvoir vivre dignement.

Aujourd’hui, il est généralement admis que le plein exercice de ces droits dépend étroitement de facteurs culturels. La possibilité d’accéder aux savoirs, à un patrimoine culturel riche, de s’exprimer librement et de manière adéquate, de construire, reconstruire, de témoigner d’une identité ou d’identités multiples, de participer à une vie culturelle diversifiée…: tous ces facteurs permettent, en effet, à chaque personne de mieux comprendre et exercer ses droits humains.

Ce constat est à la base de la notion des droits culturels et de l’affirmation  que, pour vivre dignement, l’homme a également besoin d’exercer  ces droits.

Comme les autres droits humains, les droits culturels ont été définis et consacrés dans une série de déclarations et de conventions internationales. Parmi celles-ci, la Déclaration de Fribourg de 2007 est une importante source récente, même si elle n’a pas force de loi.

Là où la notion de droits culturels a été traduite en textes juridiques, les pouvoirs publics s’engagent à respecter et à protéger ces droits, voire à garantir leur exercice. Cet exercice étant souvent inégalement distribué, cela veut dire aussi contribuer à réduire les inégalités.

Droits culturels concrètement?

En Belgique francophone, on admet aujourd’hui que les droits culturels englobent six droits et libertés:

  • La liberté artistique;
  • La conservation et la promotion des patrimoines et des cultures;
  • L’accès à la culture;
  • La participation à la culture;
  • La liberté de choix en matière culturelle;
  • Le droit de participer à la prise de décision en matière de politique ou de programmation culturelle.

Le décret relatif aux centres culturels du 21 novembre 2013 est une des premières dispositions légales belges intégrant la notion des droits culturels et la rendant opérationnelle.

Ce texte légal définit un cadre de travail pour les centres culturels et détermine leur subventionnement par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il affirme que le rôle des centres culturels est de contribuer à l’exercice de l’ensemble des droits culturels par tous, dans le respect des droits humains.

Un centre culturel au sens du décret de 2013 n’est pas une salle de spectacle ou un bâtiment. C’est une organisation qui travaille avec et pour les citoyens, pour garantir l’exercice des droits culturels par tous, individuellement et collectivement.

Depuis toujours, les centres culturels soutenus par la Fédération Wallonie-Bruxelles sont des lieux de vie culturelle qui développent un « service public culturel » au profit des associations et des citoyens. Ils accueillent des évènements locaux, y apportent un soutien logistique ou participent à leur organisation. Ils proposent des activités ludiques, récréatives, créatives ou informatives et des moments de convivialité et de divertissement pour tisser des liens entre les citoyens, transmettre des savoirs, favoriser la découverte artistique et culturelle, susciter une réflexion critique…

Égalité, épanouissement et émancipation sont les maîtres mots des centres culturels dans la réalisation de leurs missions pour poursuivre et conjuguer les objectifs de la démocratisation de la culture* et de la démocratie culturelle* (Voir ci-dessous).

Le décret du 21 novembre 2013 ne précise pas les types d’activités ou initiatives que les centres culturels doivent développer, ni leur quantité. Mais il leur impose de les concevoir en lien avec un projet culturel pluriannuel cohérent ancré dans leur environnement.

Vous avez dit « démocratisation de la culture« ?

On pourrait parler aussi de culture pour tous… Les centres culturels cherchent à permettre au plus grand nombre d’avoir accès à la culture dans toutes ses formes, tout en réduisant les inégalités qui persistent dans ce contexte.

*Et la « démocratie culturelle » alors?

Cette notion exprime plutôt l’idée de la culture ou des cultures par tous. C’est dans ce sens que les centres culturels reconnaissent tout un chacun comme acteur et détenteur de culture(s). Ils proposent ou soutiennent des initiatives, souvent collectives, pour faire vivre, renouveler et se rencontrer les cultures.

Au début était… le projet d’action culturelle*

Le projet d’action culturelle* est par nature polyvalent? Il doit intégrer et articuler des fonctions culturelles aussi diverses que l’encouragement de la création et de la créativité, la diffusion, la médiation culturelle, l’animation culturelle, la participation culturelle, le soutien à la vie associative, l’information, l’éducation et la transmission, l’alphabétisation, la conservation…

Pour définir leur projet culturel, les centres culturels suivent une « procédure » ou manière de travailler fixée par le décret de 2013. Elle leur permet de renouveler leur action tous les cinq ans à la suite d’une autoévaluation, mais aussi en s’appuyant sur une démarche participative et coopérative, appelée analyse partagée du territoire*.

L’analyse partagée du territoire*, pourquoi et comment?

L’analyse partagée met le territoire du centre culturel au cœur de son projet d’action culturelle. Avec ses partenaires culturels et autres, les pouvoirs publics locaux, des artistes et tout citoyen intéressé, le centre culturel organise des moments d’expression. Il suscite une réflexion collective sur la situation de son territoire, les vécus et les points de vue de ceux qui habitent, le fréquentent et le font vivre. Le centre culturel cherche ainsi à faire émerger des enjeux de société qui se jouent sur son territoire, enjeux qu’il abordera à travers un projet culturel cohérent. Il cherche aussi à inscrire ce projet dans une vision concertée avec d’autres opérateurs culturels ou proches de la culture sur le renforcement de l’exercice des droits culturels sur son territoire.

L’analyse partagée peut être l’occasion d’un foisonnement créatif autour de questions critiques pour un territoire. Elle peut aussi générer un nouvel élan pour le centre culturel grâce à de nouveaux contacts avec des groupes, personnes ou opérateurs jusque-là peu connus ou peu présents dans son action. Avant tout, elle permet de fixer des priorités et un fil rouge pour l’action des années à venir. L’analyse partagée est un processus permanent piloté par le conseil d’orientation et l’équipe professionnelle du centre culturel.

Depuis toujours, les centres culturels collaborent avec d’autres acteurs culturels ou proches de la culture sur leurs territoires, notamment avec les autres organisations soutenues par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les bibliothèques publiques, les centres d’expression et de créativité, les maisons de jeunes et les écoles par exemple ont toujours été des partenaires privilégiés. Le décret de 2013 inscrit la coopération avec ces opérateurs au cœur de l’action des centres culturels.

Si la Fédération Wallonie-Bruxelles est un important financeur des centres culturels (qui répondent aux critères du décret), le soutien des provinces – ou de la Commission communautaire française (COCOF) pour les centres culturels de la Région de Bruxelles-Capitale – et surtout, celui des villes et communes leur sont aussi indispensables.

Le décret de 2013 maintient la condition de la parité de financement entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et les pouvoirs locaux.

Ensemble, ces différents pouvoirs formalisent leur soutien au projet d’un centre culturel par la signature d’un contrat-programme.

N’oublions pas parmi les partenaires financiers des centres culturels, les Régions de Bruxelles-Capitale et wallonne qui leur accordent d’importantes aides à l’emploi. Pour de nombreuses institutions, ces aides sont devenues indispensables à leur bon fonctionnement.

Les villes et communes: partenaires de première ligne des centres culturels

Les communes du territoire d’implantation du centre culturel contribuent à assurer la parité de financement avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Leurs aides varient considérablement selon les lieux et restent généralement plus importantes que le soutien apporté par la province. Elles prennent la forme de subventions annuelles: par exemple, le loyer et/ou l’entretien du ou des bâtiments occupés ou utilisés par le centre culturel ou la fourniture d’énergie. Outre cette contribution financière, les communes fournissent souvent aussi des services aux centres culturels. Elles peuvent mettre à leur disposition un lieu ou du personnel de manière permanente ou ponctuelle, pour organiser un évènement en extérieur par exemple ou, encore, fournir du matériel technique ou roulant.

Chaque commune définit la nature de ses contributions dans le respect des contraintes du décret et toujours dans un esprit collaboratif respectueux de l’autonomie globale du centre culturel.

Les Pilotes de l’avion: un collectif de petites et grandes mains

Dans chaque centre culturel, la mise en œuvre du projet culturel et la gestion de l’institution au quotidien sont assurées par une équipe professionnelle compétente.

A côté de ces différents professionnels de la culture, le rôle de bénévoles reste important dans les centres culturels. Quelques milliers de personnes renforcent les équipes et donnent de manière régulière ou ponctuelle toutes sortes de coups de main.